FOTOHAUS BERLIN, 2022


KUNST- UND PROJEKTHAUS TORSTRASSE 111, Torstr. 111, 10119 Berlin


Ausstellung / Exposition 14/10 - 30/10 2022


Do - Fr, 16-20h / Sam – So, 12-19h

Suite aux sept éditions de FOTOHAUS lors des Rencontres Internationales de la photographie d’Arles, FOTOHAUS s’est déployée en avril 2022 à Bordeaux en s’associant au festival bordelais Itinéraires des Photographes Voyageurs. Cet été 2022, lors de l’édition arlésienne à la Fondation Manuel Rivera-Ortiz, FOTOHAUS a proposé la programmation Sein und Schein. Une version augmentée de cette édition arlésienne, la 10ème édition de FOTOHAUS se tiendra en octobre 2022 pour la première fois à Berlin, sous le titre Sein und Schein : Pluralität und Identität.


Nach sieben Ausgaben FOTOHAUS während der Rencontres Internationales de la Photographie in Arles, hat sich das FOTOHAUS im April 2022 in Bordeaux erweitert, indem es sich mit dem Festival Itinéraires des Photographes Voyageurs in Bordeaux zusammengeschlossen hat. Im Sommer 2022 hat FOTOHAUS für die Ausgabe in Arles in der Stiftung Manuel Rivera-Ortiz das Programm Sein und Schein angeboten. Die 10. Ausgabe wird im Oktober 2022 zum ersten Mal in Berlin unter dem Titel Sein und Schein: Pluralität und Identität stattfinden.


Sein und Schein [Etre et paraître] - Text par Marie Darrieussecq


« Être et paraître » : titre phénoménal, phénoménologique ! Il semble tout

englober de la photographie, depuis la métaphysique la plus abstraite jusqu’à la

mode la plus frivole. Le monument français de la phénoménologie, c’est L’Être

et le néant, de Sartre, inspiré par Heidegger. Ses mille pages m’avaient beaucoup

intimidée quand j’étais étudiante. Je suis retombée dessus au début des années

2010 dans un cadre hyper-mondain : une suite de palace londonien où je devais

interviewer une star hollywoodienne. Tout était noir, gris, et blanc ; et sur la table

basse, entre deux vodkas glacées, trônait Being and nothingness, la traduction

anglaise chez Rootledge, placée là uniquement pour sa couverture graphique

et son design bicolore. En attendant la star, j’en relus quelques bouts, avec un

sentiment d’effraction, comme si j’ouvrais un artifice de théâtre, un volume 3D

factice, qui m’aspira pourtant comme un vortex : Sartre écrit que le paraître est

du côté du néant et la liberté du côté de l’être. Le lieu et la classe sociale de notre

naissance ne nous déterminent que si nous subissons le regard de l’autre au lieu

d’inventer notre liberté. « L’expérience d’être vu », dit Sartre, nous en concevons

une « honte originelle », comme à travers un « trou de serrure » : on me regarde,

or je ne suis pas un objet, je suis un sujet ! J’avais envie de le crier à la star, comme

une intervieweuse dopée à la vodka.


Sein und Schein : ein phänomenaler und phänomenologischer Titel! Er scheint alles von der Fotografie zu umfassen, von der abstraktesten Metaphysik bis hin zur frivolsten Mode. Der französische Klassiker der Phänomenologie ist Sartres von Heidegger inspiriertes Werk L'Être et le néant (Das Sein und das Nichts). Seine tausend Seiten hatten mich als Studentin sehr eingeschüchtert. Anfang 2010 fiel es mir wieder in die Hände, und zwar in einer hypermondänen Umgebung: in einer Suite in einem Londoner Palast, wo ich einen Hollywoodstar interviewen sollte. Alles war schwarz, grau und weiß und auf dem Couchtisch lag zwischen zwei eisgekühlten Wodkas Being and nothingness, die englische Übersetzung vom Rootledge-Verlag, einzig wegen ihres grafischen Covers und des zweifarbigen Designs dort platziert. Während ich auf den Star wartete, las ich einige Abschnitte erneut, mit einem Gefühl des unbefugten Zugriffs, als würde ich die Trickkiste des Theaters öffnen, als wäre das

Buch eine Attrappe, das mich jedoch wie ein Strudel einsaugte: Sartre schreibt, dass

der Schein auf der Seite des Nichts und die Freiheit auf der Seite des Seins steht. Der

Ort und die soziale Klasse unserer Geburt legen uns nur dann auf etwas fest, wenn wir

den Blick des anderen erfahren, anstatt unsere Freiheit zu ersinnen. Sartre sagt: "Die

Erfahrung, gesehen zu werden", bringt uns eine "ursprüngliche Scham" ein, wie durch

ein "Schlüsselloch": Man schaut mich an, aber ich bin kein Objekt, ich bin ein Subjekt!

Ich wollte es dem Star zurufen, wie eine mit Wodka gedopte Interviewerin.



Text: Marie Darrieussecq

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