Les Règles du je - Elina Brotherus & Sara Imloul I FOTOHAUS ARLES

FONDATION MANUEL RIVIERA-ORTIZ, 18, rue de la Calade, 13200 Arles


Exposition 04/07 - 25/09 2022


tous les jours I täglich 10h-19h30



Il y a des images trop pleines d’histoires, tellement lourdes de récits qu’elles les laissent tranquillement se répandre comme les couleurs s’étalent sur le monde. Ces images coulent et, face à elles, nous sommes pris.e.s dans un flot de mots possibles et de mondes cachés. Il y a une certaine magie à traverser ces images, on vole d’un espace à l’autre sans jamais se cogner car il y a trop de choses à dire, des chants plein les oreilles, des paysages plein le nez.


Les images d’Elina Brotherus, photographe et vidéaste finlandaise, jouent sans cesse avec les règles de ce jeu qui peut aussi s’écrire « je » et qui passe, sans se lasser, du mot au vu, du vu au poème, du poème à tout ce qui dans le cadre peut rire en silence. Elina se met en scène dans ses photographies en travaillant autant la mise en abîme que la dérision. Elle voyage ainsi avec désinvolture de l’autofiction au regard sur le paysage, de la réappropriation de l’histoire de l’art à des inventions formelles mêlant image fixes et images en mouvement. Alors oui, le travail d’Elina Brotherus racontent des histoires qui pourraient s’apparenter à des contes oubliés. La fable d’une balle rouge saisie dans son envol pour Baldessari Assignments (2016- ), celle des femmes seules de la Maison Carré (2015-2018) et la comptine éternelle de l’artiste et son modèle qu’elle module à foison en se dédoublant. Dans les histoires d’Elina Brotherus l’image s’inscrit toujours à la lisière d’une forêt où l’ironie et la mélancolie se côtoient avec bienveillance. Il y a une douceur dans ce regard, quelque chose qui donne aux formes bêtes de l’existence des allures de roman.


Ce roman silencieux s’écrit aussi comme un écho en négatif dans les jeux de mises en scène de Sara Imloul, jeune photographe française. Sara construit des images en noir et blanc réinterprétant toujours un peu plus follement ce qu’ouvraient les surréalistes dans les années 1920. Dans Passages, elle plonge dans une archéologie contemporaine en installant des objets qui, du simple fait de leur position, racontent les mystères fous de tout ce que l’on ne voit pas. À la manière de Brassaï, elle réinvente les signes en les domptant dans son cadre. Montage infini des formes, passage de relais entre ce que l’on voit et tout ce qui pourrait être si on se donnait un tout petit temps pour la magie. Et il y a tant de magie dans ces images pleines d’histoires, celles qui détournent le réel pour mieux entendre son rire.


Emilie Houssa (co-directrice du Centre Claude Cahun pour la photographie contemporaine, ancienne Galerie Confluence, Nantes)


Sara Imloul est une photographe plasticienne française, née en 1986. Elle déploie depuis 2008 une photographie symbolique et autobiographique en s'attachant à fixer dans l'obscurités de ces noirs et blancs des visions intérieures nées du souvenirs. Après une formation de praticien photographe à l'ETPA, Toulouse entre 2008 et 2011, elle développe dans son laboratoire des techniques personnelles lui permettant de mettre en image son univers mystérieux à travers un procédé à l'origine de son médium, la calotypie. (Breveté par W. Fox Talbot en 1841. Technique permettant d'obtenir un négatif papier.) Au fil des séries, Chez Moi 2020, Passages, (2015-2018), Das Schloss (2014), Négatifs (2012) et Le Cirque Noir (2008-2011), elle mêle dessin et collage à ses tirages photographiques, et compose à la main sa narration singulière. Elle expérimente également la vidéo et l'installation à partir de 2013 avec le projet T.R.E.S.E.D. Sara Imloul a reçu le prix Levallois en 2019. Elle a publié deux monographies aux Éditions Filigranes : Passages, en 2022 et Das Schloss, en 2014.


Elina Brotherus, basée en Finlande et en France, travaille avec la photographie et l'image en mouvement. Son travail alterne entre autobiographie et histoire de l'art. Elle se sert souvent d'elle-même comme modèle. Après ses premiers autoportraits, Brotherus s'est intéressée à la relation entre figure humaine et paysage et, plus tard, à celle entre l'artiste et le modèle. Dans les séries Annonciation (2009-2013) et Carpe Fucking Diem (2011- 2015), elle est revenue à l'imagerie autobiographique. Son travail récent s'inspire de l'art des années 1960 et 1970, notamment du groupe Fluxus et de l'art conceptuel. Elina Brotherus a commencé à exposer à la fin des années 1990 et son travail a depuis été largement montré tant au niveau national qu'international. Brotherus est présente dans plus de 60 collections publiques et a publié 11 monographies. L'une de ses nombreuses récompenses est la Carte blanche PMU, grâce à laquelle elle est devenue la première artiste finlandaise à avoir une exposition personnelle au Centre Pompidou à Paris. Elina Brotherus est titulaire d'une maîtrise en photographie (2000) de l'Université d'art et de design d'Helsinki (aujourd'hui Université Aalto) et d'une maîtrise en chimie (1997) de l'Université d'Helsinki.

 

Es gibt Bilder, die zu voll von Geschichten sind, so schwer von Erzählungen, dass sie diese ruhig verbreiten, so wie sich die Farben über die Welt ausbreiten. Diese Bilder fließen und vor ihnen sind wir in einem Strom möglicher Wörter und verborgener Welten gefangen. Man fliegt von einem Raum in den anderen, ohne sich jemals zu stoßen, denn es gibt zu viel zu sagen, die Ohren sind voller Gesang, die Nase voller Landschaften.


Die Bilder von Elina Brotherus, einer finnischen Fotografin und Videokünstlerin, spielen unaufhörlich mit den Regeln dieses Spiels, das auch "ich" geschrieben werden kann und das, ohne müde zu werden, vom Wort zum Gesehenen, vom Gesehenen zum Gedicht, vom Gedicht zu allem, was im Rahmen still lachen kann, übergeht. Elina setzt sich in ihren Fotografien selbst in Szene, indem sie sowohl mit der Abstraktion als auch mit der Verspottung arbeitet. So reist sie beiläufig von der Autofiktion zum Blick auf die Landschaft, von der Wiederaneignung der Kunstgeschichte zu formalen Erfindungen, die feste und bewegte Bilder miteinander verbinden. Ja, die Arbeiten von Elina Brotherus erzählen Geschichten, die wie vergessene Märchen anmuten könnten. Die Fabel eines roten Balls, der in Baldessari Assignments (2016- ) in seinem Flug erfasst wird, die der einsamen Frauen in Maison Carré (2015-2018) und das ewige Märchen vom Künstler und Modell, das sie immer wieder moduliert, indem sie sich selbst verdoppelt. In den Geschichten von Elina Brotherus schreibt sich das Bild immer am Rande eines Waldes ein, in dem Ironie und Melancholie wohlwollend nebeneinander stehen. Es gibt eine Sanftheit in diesem Blick, etwas, das den rauen Formen des Daseins den Anschein eines Romans verleiht.


Dieser stille Roman schreibt sich auch wie ein negatives Echo in den Inszenierungsspielen von Sara Imloul, einer jungen französischen Fotografin. Sara baut Schwarz-Weiß-Bilder, die das, was die Surrealisten in den 1920er Jahren eröffneten, immer ein wenig verrückter neu interpretieren. In Passages taucht sie in eine zeitgenössische Archäologie ein, indem sie Objekte installiert, die allein aufgrund ihrer Position von den verrückten Geheimnissen all dessen erzählen, was man nicht sieht. In der Art von Brassaï erfindet sie die Zeichen neu, indem sie sie in ihrem Rahmen zähmt. Eine unendliche Montage von Formen, ein Übergang zwischen dem, was man sieht, und all dem, was sein könnte, wenn man sich nur ein wenig Zeit für die Magie nehmen würde. Und es gibt so viel Magie in diesen Bildern voller Geschichten, die das Reale verfremden, um sein Lachen besser hören zu können.


Sara Imloul ist eine französische plastische Fotografin, die 1986 geboren wurde. Seit 2008 entfaltet sie eine symbolische und autobiografische Fotografie, indem sie sich bemüht, in der Dunkelheit dieser Schwarz-Weiß-Bilder innere Visionen festzuhalten, die aus Erinnerungen entstehen. Nach einer Ausbildung zum Fotografen an der ETPA, Toulouse zwischen 2008 und 2011, entwickelt sie in ihrem Labor persönliche Techniken, die es ihr ermöglichen, ihre geheimnisvolle Welt mithilfe eines Verfahrens, das den Ursprung ihres Mediums darstellt, ins Bild zu setzen: die Kalotypie (1841von W. Fox Talbot patentiert. Technik zur Herstellung eines Papiernegativs). Im Laufe der Serien Chez Moi (2020), Passages (2015-2018), Das Schloss (2014), Négatifs (2012) und Le Cirque Noir (2008-2011) mischt sie Zeichnungen und Collagen mit ihren fotografischen Abzügen und komponiert von Hand ihre einzigartige Erzählung. Sie experimentiert auch mit Video und Installation ab 2013 mit dem Projekt T.R.E.S.E.D. Sara imloul wurde 2019 mit dem Prix Levallois ausgezeichnet. Sie hat zwei Monografien bei Éditions Filigranes veröffentlicht: Passages, 2022 und Das Schloss, 2014. Elina Brotherus, die in Finnland und Frankreich lebt, arbeitet mit Fotografie und bewegten Bildern. Ihre Arbeit wechselt zwischen Autobiografie und Kunstgeschichte. Sie benutzt sich oft selbst als Modell. Nach ihren ersten Selbstporträts interessierte sich Brotherus für die Beziehung zwischen menschlicher Figur und Landschaft und später auch für die Beziehung zwischen Künstler und Modell. In den Serien Annonciation (2009-2013) und Carpe Fucking Diem (2011-2015) kehrte sie zu autobiografischen Bildern zurück. Ihre neuere Arbeit ist von der Kunst der 1960er und 1970er Jahre inspiriert, insbesondere von der Fluxus-Gruppe und der Konzeptkunst.


Elina Brotherus begann Ende der 1990er Jahre mit Ausstellungen und ihre Arbeit wurde seitdem sowohl national als auch international vielfach gezeigt. Brotherus ist in über 60 öffentlichen Sammlungen vertreten und hat 11 Monografien veröffentlicht. Eine ihrer zahlreichen Auszeichnungen ist die Carte blanche PMU, dank der sie als erste finnische Künstlerin eine Einzelausstellung im Centre Pompidou in Paris hatte. Elina Brotherus hat einen Master in Fotografie (2000) von der Universität für Kunst und Design in Helsinki (heute AaltoUniversität) und einen Master in Chemie (1997) von der Universität Helsinki.

 

Commissaire d‘exposition : Christel Boget

Kuratorin: Christel Boget


Exposition soutenue par : 110 Galerie, DIAMANTINO LABO PHOTO, ETPA Toulouse, gb agency, Paris. Nous remercions chaleureusement Monsieur Jean-Philippe Daniel pour son mécénat et son soutien


Mit Unterstützung von : 110 Galerie, DIAMANTINO LABO PHOTO, ETPA Toulouse, gb agency, Paris. Wir danken Herrn Jean-Philippe Daniel herzlich für seine Unterstützung