An und für sich [En soi et pour soi] - Torsten Schumann I FOTOHAUS ARLES

FONDATION MANUEL RIVIERA-ORTIZ, 18, rue de la Calade, 13200 Arles


Exposition 04/07 - 25/09 2022


tous les jours I täglich 10h-19h30



"Mon regard sur le monde a-t‘il en partie changé, étant maintenant depuis quelque temps en contact avec la culture chinoise qui m'était totalement étrangère auparavant ? Tout à coup, mon subconscient me fait partout découvrir au jour le jour des choses et des scènes nouvelles dans les rues. J'ai l'impression d'être au cœur d‘un conte de fées - avec toutes ses facettes. Est-ce que je rêve ? Ou est-ce que cela relève de la réalité ? Est-ce que tout est tel qu'il paraît ? Depuis Aristote déjà, se pose la question des rapports entre conscience personnelle et réalité. Dans ses écrits, l'être en tant que tel est systématiquement désigné comme "en soi" (latin "per se"). Par contre, quand il s’agit de notre conscience, les objets apparaissent "pour nous" ou "pour soi" dans leur enveloppe subjective. Dans la dialectique de Hegel, le concept de "en-soipour-soi" correspond à une fusion, une synthèse entre l'être et le paraître, entre l’être se rapportant à lui-même et l’être s’opposant à l’en-soi. Un discours établit le lien pour parvenir à un tout. Dans mon travail En soi et pour soi, je m'intéresse surtout à ce lien - mon discours intérieur entre rêve et réalité, entre intérieur et extérieur, entre l'être et le paraître. Mon écureuil intime, curieux, essaie de s'interroger sur ce qu'il rencontre ainsi au quotidien. Que voit-il dans les scènes de rue jour après jour ? Il ne remarque sans doute que le "paraître", que ces enveloppes externes que sont les vêtements, les façades et les objets usuels. Mais un écureuil observe les individus et les choses qu'il rencontre sous différentes perspectives. Ainsi, les vêtements ou les objets utilisés "pour eux-mêmes" sur un mode créatif semblent aussi en dire plus sur les personnes "en soi". Néanmoins, mes photographies peineront à me donner des réponses, elles seront plutôt partie intégrante du discours entre mes rêves et la réalité. Et parfois, je dois me pincer. Oui, c'est "pour soi et en soi" réel."


Torsten Schumann est un photographe allemand qui vit ponctuellement et depuis peu en Chine. Sa pratique artistique se focalise avant tout sur des situations et des objets du quotidien qu'il découvre dans l'espace urbain. En en observant attentivement les détails, Schumann se confronte à sa propre fascination et à son propre étonnement. Sa curiosité sans a priori explore la question suivante : pourquoi et dans quel objectif, ces éléments ont-ils vu le jour ? Pour reprendre les propres termes de Schumann : "La photographie m'aide à remettre en question l'ordinaire. Plus je le fais, plus je vois le monde comme une énigme". Ses travaux ont été exposés à l'échelle internationale et ont été distingués à plusieurs reprises, notamment par le Arte Laguna Prize, le PDN Photo Annual Award et le OPUS Magazine Photo Prize. Sa série More Cars, Clothes and Cabbages a été éditée en 2016 par Peperoni Books.


 

"Hat sich an meinem Blick auf die Welt etwas geändert, seit dem ich neuerdings auch mit der mir vorher völlig fremden Chinesischen Kultur in Berührung bin? Plötzlich lässt mich mein Unterbewusstsein überall neue Dinge und Szenen im alltäglichen Straßenbild entdecken. Es fühlt sich für mich an wie im Märchen – mit allen Facetten. Träume ich? Oder ist dies eine Wirklichkeit? Ist es alles so, wie es scheint? Schon seit Aristoteles werden die Zusammenhänge zwischen eigenem Bewusstsein und Wirklichkeit hinterfragt. In den Aufzeichnungen wird das Sein von sich aus mit „an sich“ (aus dem Latainischen „per se“) benannt. Unserem Bewusstsein hingegen erscheinen jedoch Gegenstände „für uns“ oder “für sich“ in ihrer subjektiven Hülle. In Hegels Dialektik wird mit „an und für sich“ das Sein und der Schein als Synthese zum Ganzen fusioniert, worin sie auch weiterhin ein Diskurs miteinander verbindet. In meiner Arbeit An und für sich interessiert mich besonders diese Verbindung - mein innerer Diskurs zwischen Traum und Wirklichkeit, zwischen dem Innen und dem Außen, dem Sein und dem Schein. Mein inneres neugieriges Eichhörnchen versucht dabei zu hinterfragen, was ihm da so im Alltag begegnet. Was sieht es denn im alltäglichen Straßenbild? Wahrscheinlich sieht es nur den „Schein“, äußere Hüllen wie Kleidung, Fassaden und Gebrauchsgegenstände. Aber ein Eichhörnchen schaut aus verschiedenen Perspektiven auf die ihm begegnenden Menschen und Dinge. So scheinen Kleidung oder „für sich“ kreativ genutzte Dinge auch mehr über die Menschen „an sich“ zu erzählen. Dennoch werden mir auch meine Fotografien kaum Antworten geben können, sondern vielmehr zum Teil des Diskurses zwischen Wirklichkeit und meinen Träumen werden. Und manchmal zwicke ich mich. Ja, es ist „an und für sich“ echt".


Torsten Schumann ist ein deutscher Fotograf, der neuerdings vorübergehend in China lebt. Der zentrale Aspekt seiner künstlerischen Praxis sind alltägliche Situationen und Objekte, die er im urbanen Raum vorfindet. Bei Schumanns aufmerksamer Beobachtung von Details setzt er sich mit seiner eigenen Faszination und Verwunderung auseinander. Seine unvoreingenommene Neugierde geht der Frage nach: Warum und zu welchem Zweck sind diese Dinge geschaffen? In Schumanns eigenen Worten: "Die Fotografie hilft mir, das Gewöhnliche zu hinterfragen. Je mehr ich das tue, desto mehr sehe ich die Welt als ein Rätsel". Schumanns Arbeiten wurden international ausgestellt und mehrfach ausgezeichnet, unter anderem mit dem Arte Laguna Prize, dem PDN Photo Annual Award und dem OPUS Magazine Photo Prize. More Cars, Clothes and Cabbages wurde 2016 bei Peperoni Books veröffentlicht. Schumanns Arbeiten sind Teil von Kunstsammlungen wie vom Musée de l'Elysée in Lausanne und der JPMorgan Chase Art Collection New York.

 

Commissaire d‘exposition : Christel Boget

Kuratorin : Christel Boget